La réalité en face
- Marielle Tremellat
- 8 mars
- 2 min de lecture
Le réveil sonne, je me lève, je prends une douche et mon petit déjeuner. Mais l'entrain n'est pas là, je traine et je vais certainement partir en retard, ne pas avoir suffisamment de temps pour préparer mon cabinet avant d'accueillir mon premier patient. Je déteste cela, j'aime prendre mon temps, respirer, je le sais. Et pourtant, je n'arrive pas à me mettre en route. J'ai une boule au ventre. Je trouve toutes les excuses : j'ai mal dormi, je dois absolument régler un truc avant de partir, ou simplement lancer une lessive. Je sais que ce ne sont que des excuses. En vrai, je n'ai pas envie d'y aller, ça fait 20 ans, je n'ai plus envie.
Je fais pourtant mon travail correctement, mes patients sont contents des résultats.
Un jour, j'ose regarder la réalité en face. Je ne m'amuse plus. Je n'éprouve plus de joie dans mon travail. Alors petit à petit l'idée s'insinue, prend de plus en plus de place, et si j'arrêtais ? La décision s'impose, puis je doute, puis je suis à nouveau sûre.
Lorsque je m'ouvre de cela à une patiente, elle me répond : "mais pourquoi arrêter ? Vous avez une patientelle, nous sommes contents de vos soins, vous gagnez votre vie. Et puis, on va aller chez qui ?". Elle m'ébranle un peu. Et puis une part de moi se rebelle. Ce n'est pas pour ça que je travaille, ce n'est pas prioritairement pour l'argent ni que pour que l'on flatte mon égo. C'est pour prendre plaisir à ce que je fais. Et là, le plaisir n'est plus là.
Aujourd'hui, cela fait un an que j'ai fermé le cabinet en présentiel. Un an que je prends du temps pour moi, que je construit de nouveaux projets. Pendant cette année passée, j'ai proposé des soins en médecine chinoise à distance, à des humains et pour des animaux. Au début, je l'ai fait pour proposer tout de même quelque chose à certains de mes patients, puis pour m'occuper du chat d'une amie, aussi sans doute par peur de ne pas avoir d'entrée d'argent (cette peur a la peau dure).
Ce sont les soins énergétiques aux animaux qui ont ravivé une certaine flamme, qui m'on fait réaliser qu'accompagner et prendre soin faisait toujours partie de moi et que je pouvais encore avoir envie de le faire. Alors aujourd'hui, quand on me demande un soin à distance, je suis heureuse de répondre oui.
Marielle

Photo : Yann Delahaie





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